Ce n'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule.... disait Michel Audiard, au diable vauvert, vache, cochon couvée.... Oui, c'était un de ces titres de films qui vous donnaient envie de passer votre chemin, d'éviter les salles obscures où l'on passait l'arme à gauche au doux bruit de calibres à silencieux au canon aussi long qu'un film de Visconti....
Oui, les messages délivrés ne volaient pas bien haut et l'on savait bien en payant sa place qu'on allait aussi se payer une tranche de rire et de plaisir en voyant tous ces tontons flingueurs se canarder, se mitrailler et tomber à la renverse, les yeux au ciel et le crâne surmonté d'un manège de petits oiseaux cui-cuitants.... Jamais une goutte de sang, des cadavres exquis et pourtant, il fallait pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages... Des filles blondes et souriantes à souhait, qui causaient plus mais flinguaient, ça oui, il en pleuvait... Et puis il y avait celles qui buvaient pas, qui fumaient pas, qui draguaient pas mais qui causaient, les bougresses... Et après tout ça, il y avait cette question existentielle : comment réussir quand on est con et pleurnichard alors que retentit le cri du cormoran, le soir au dessus des jonques...
Alors, je le dis, je le proclame : est-ce bien raisonnable ? Bien que ce soit un sale temps pour les mouches, ne nous fâchons pas ! Nous sommes des vieux de la vieille, et notre adage, méfions nous des blondes, est toujours présent car lorsque le cave se rebiffe, certains mangeront des pissenlits par la racine.....
Réfléchissons donc ensemble ou séparément, comme il vous siéra, à tous ces monuments du cinéma qu'on voudrait parfois être la vie réelle... Que les dirigeants de ce monde aient les tronches de Jean Carmet, Bernard Blier, André Pousse ou Jean Lefebvre, au moins, ils nous feraient rire... Et surtout que les balles à blanc ne nous fassent plus broyer du noir.... Que les marrons soient fictifs et lorsque le rouge est mis, que ce soit dans un verre, sur la table après la rosée du matin ou dans le gris d'un crépuscule paisible... Que les bleus du corps et de l'âme soient aussi superficiels qu'une chanson de chanteur corrézien, pêcheur de sardines... Bref, que dans un monde utopique proche, je puisse enfin vous délivrer un message hilarant, celui d'un monde où la haine et la violence auront disparu, en laissant la place à tout ce qui pourrait adoucir les moeurs : la musique, par exemple.... Car j'ai beau regarder le ciel, je n'y vois que des nuages et un vide intersidéral.....
Bon baisers, à lundi ...